Zona et hémorroïdes : symptômes, traitements et précautions

Le zona et les hémorroïdes peuvent tous deux provoquer une douleur près de l’anus, mais ils n’ont pas la même cause ni le même traitement. Le zona est dû à la réactivation du virus de la varicelle ; les hémorroïdes correspondent à une dilatation de veines du canal anal.

Une douleur anale avec des boutons, des vésicules ou une brûlure de la peau doit faire penser à une autre cause qu’une crise hémorroïdaire. Un examen médical permet d’éviter un traitement inadapté et de soulager plus vite.

Le zona peut-il donner des hémorroïdes ?

Non. Le zona ne provoque pas d’hémorroïdes et les hémorroïdes ne déclenchent pas de zona. Les deux problèmes peuvent toutefois survenir chez une même personne, notamment lors d’une période de fatigue, de stress ou de maladie, sans lien direct démontré entre eux.

Le virus varicelle-zona reste dormant dans les nerfs après une varicelle. Lorsqu’il se réactive, il entraîne une éruption douloureuse sur le trajet d’un nerf, souvent sur un seul côté du corps. Un zona sacré peut atteindre la fesse, le périnée ou la région anale.

Reconnaître un zona près de l’anus

Le zona commence souvent par une sensation de brûlure, des picotements, des démangeaisons ou une douleur très sensible au contact. Ces signes précèdent parfois l’éruption de un à trois jours. Une fatigue, des maux de tête ou une fièvre modérée peuvent les accompagner.

Des petites vésicules remplies de liquide apparaissent ensuite en plaques sur une peau rouge. Elles suivent le plus souvent une bande d’un seul côté et ne traversent pas la ligne médiane. Les vésicules sèchent puis forment des croûtes, avec une guérison habituelle en deux à quatre semaines.

Une éruption de vésicules douloureuses autour de l’anus ne doit pas être traitée comme une simple crise hémorroïdaire. Le médecin doit aussi écarter un herpès génital, une fissure, un abcès ou une infection cutanée.

Consultation médicale montrant une médecin expliquant à un patient les symptômes, les traitements et les précautions liés au zona et aux hémorroïdes.

Différences entre zona, crise hémorroïdaire et thrombose

SituationSignes fréquentsAspect habituel
ZonaBrûlure, douleur nerveuse, peau très sensibleVésicules groupées, souvent d’un côté
HémorroïdesGêne, démangeaisons, douleur à la selle, parfois saignement rectalGonflement anal, sans vésicules
Thrombose hémorroïdaireDouleur brutale et intense, parfois continueBoule bleutée ou violacée au bord de l’anus

Une thrombose est un caillot dans une hémorroïde externe. Elle est douloureuse mais ne donne ni éruption de cloques ni douleur en bande sur la fesse. Le saignement rectal rouge vif est plus compatible avec des hémorroïdes internes ou une fissure, sans permettre à lui seul de poser un diagnostic.

Quels traitements selon la cause ?

En cas de suspicion de zona, consultez un médecin rapidement, idéalement dans les 72 heures suivant le début de l’éruption. Un antiviral sur ordonnance peut réduire la durée de l’épisode et le risque de douleurs persistantes, surtout chez les personnes de plus de 50 ans, immunodéprimées ou très douloureuses.

Le traitement inclut aussi des antalgiques adaptés et des soins locaux doux : eau tiède, séchage par tamponnement, vêtements amples et mains lavées après contact avec les lésions. Ne percez pas les vésicules et évitez les crèmes à base de corticoïdes sur une éruption non diagnostiquée.

Pour une crise hémorroïdaire, l’objectif est de rendre les selles souples et de limiter l’effort de poussée. Buvez régulièrement, augmentez les fibres progressivement, évitez de rester longtemps aux toilettes et privilégiez une toilette douce. Un pharmacien peut conseiller un antalgique, un laxatif de lest ou un traitement local de courte durée selon vos symptômes.

Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à tout le monde, notamment en cas d’ulcère, de maladie rénale, de traitement anticoagulant ou de grossesse. Les antiviraux nécessitent aussi une adaptation en cas d’insuffisance rénale : un avis médical est indispensable avant de les prendre.

Quand faut-il consulter sans attendre ?

  • éruption près de l’œil, douleur oculaire ou baisse de la vision ;
  • fièvre élevée, malaise, éruption étendue ou immunodépression ;
  • incapacité à uriner, faiblesse des jambes, engourdissement du périnée ou constipation inhabituelle avec zona présumé ;
  • douleur anale intense avec masse qui grossit, écoulement de pus ou fièvre ;
  • saignement rectal abondant, répété, noir, ou associé à des vertiges, une pâleur ou un amaigrissement.

Appelez les urgences en cas de signes neurologiques, de difficulté à uriner associée à un zona sacré, ou de saignement important. Un saignement rectal ne doit jamais être attribué d’emblée aux hémorroïdes, surtout après 45 à 50 ans ou en cas d’antécédent familial de cancer colorectal.

Zona et hémorroïdes : ce qu’il faut retenir

Des vésicules douloureuses autour de l’anus orientent vers un zona ou une autre infection, tandis qu’une boule bleutée douloureuse évoque davantage une thrombose hémorroïdaire. Les symptômes peuvent se ressembler au début, mais les soins diffèrent.

Consultez rapidement en cas de douleur inhabituelle ou d’éruption cutanée anale. La vaccination contre le zona, proposée selon l’âge, l’état immunitaire et les recommandations en vigueur, réduit le risque de zona et de douleurs nerveuses prolongées.