Hémorroïde externe chez la femme enceinte : quels traitements et gestes de confort privilégier ?

Une hémorroïde externe pendant la grossesse provoque souvent une boule sensible à l’entrée de l’anus, avec brûlures, démangeaisons ou douleur à la selle. Le problème est fréquent, surtout au troisième trimestre, et il se soigne le plus souvent par des mesures locales et la correction de la constipation.
La grossesse limite toutefois l’automédication. Avant toute crème, suppositoire, laxatif ou complément, demandez conseil au médecin, à la sage-femme ou au pharmacien afin de vérifier sa compatibilité avec votre terme et vos antécédents.
Adoptez ces gestes simples pour vous soulager ↓
Pourquoi les hémorroïdes apparaissent-elles pendant la grossesse ?
Les hémorroïdes sont des coussinets de vaisseaux sanguins situés dans le canal anal. Sous l’effet des hormones, les veines se relâchent et le transit devient souvent plus lent ; l’utérus exerce aussi une pression croissante sur les veines du bassin.
La constipation et les efforts de poussée augmentent cette pression. Une hémorroïde externe peut gonfler après les selles et devenir très douloureuse si un caillot se forme à l’intérieur : c’est une thrombose hémorroïdaire, différente d’une simple irritation.
Les gestes de confort à privilégier
Le premier objectif consiste à obtenir des selles souples, sans forcer. Buvez régulièrement, augmentez les fibres progressivement avec les légumes, fruits, légumineuses et céréales complètes, puis marchez ou bougez chaque jour selon les recommandations de votre suivi de grossesse.
Allez aux toilettes dès que le besoin se présente, sans rester longtemps assise ni pousser. Un marchepied sous les pieds peut rapprocher les genoux du ventre et faciliter l’évacuation. Si la constipation persiste, un professionnel peut proposer un laxatif adapté à la grossesse.
- Rincez doucement la zone à l’eau tiède après la selle et séchez par tamponnement.
- Appliquez une compresse froide enveloppée dans un linge pendant quelques minutes, jamais directement sur la peau.
- Un bain de siège tiède, court et sans produit parfumé peut apaiser l’inconfort.
- Portez des sous-vêtements en coton et évitez les lingettes, savons agressifs et frottements.
Ces mesures soulagent l’irritation et réduisent les efforts à la selle, sans faire disparaître instantanément la dilatation veineuse. Retrouvez des repères sur la durée d’évolution d’une hémorroïde externe et les symptômes attendus.
- Boire régulièrement pour favoriser des selles souples
- Augmenter progressivement les fibres alimentaires
- Marcher ou bouger chaque jour selon le suivi
- Aller aux toilettes dès que le besoin se présente
- Éviter de pousser et de rester longtemps assise
- Utiliser un marchepied sous les pieds aux toilettes
- Rincer doucement la zone à l’eau tiède après la selle
- Sécher la zone par tamponnement
- Appliquer une compresse froide enveloppée dans un linge
- Porter des sous-vêtements en coton et éviter les frottements
Crème, suppositoire et antidouleur : quel traitement pendant la grossesse ?
Un médecin ou une sage-femme peut prescrire un traitement local de courte durée pour calmer douleur et inflammation. Les crèmes et suppositoires antihémorroïdaires n’ont pas tous la même composition : anesthésiques locaux, corticoïdes et protecteurs de muqueuse demandent un avis individualisé.
Pour la douleur, le paracétamol est habituellement l’antalgique de référence pendant la grossesse, aux doses conseillées par le professionnel qui vous suit. Évitez les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène, sans prescription ; ils sont contre-indiqués à partir du sixième mois de grossesse.
Les veinotoniques, plantes, huiles essentielles et préparations dites naturelles ne sont pas automatiquement sans risque pour le fœtus. Le CRAT recense les données disponibles sur les médicaments et la grossesse, mais le choix d’un produit doit rester médical ou pharmaceutique.
Que faire en cas de thrombose hémorroïdaire ?
Une thrombose donne en général une boule bleutée ou violacée, dure, apparue brutalement, avec une douleur forte et continue. Elle peut impressionner, sans constituer systématiquement une urgence vitale, mais un examen rapide permet de confirmer le diagnostic et d’adapter le soulagement.
Le traitement est le plus souvent médical : repos relatif, mesures locales, antalgique compatible et lutte contre la constipation. Une incision ou une chirurgie restent rares pendant la grossesse et se discutent avec un spécialiste lorsque la douleur est intense ou en cas de complication.
Quand consulter sans attendre ?
Consultez dans la journée en cas de douleur anale intense, de grosseur rapidement gonflée, de fièvre, d’écoulement de pus ou de malaise. Appelez le 15 ou le 112 si le saignement est abondant, répété, accompagné de vertiges, de faiblesse marquée ou de douleurs abdominales importantes.
Un saignement rectal léger, rouge vif sur le papier, peut accompagner une crise hémorroïdaire. Il ne faut pourtant pas l’attribuer d’emblée aux hémorroïdes : parlez-en au professionnel qui suit votre grossesse, surtout s’il se répète, se mélange aux selles ou s’accompagne d’une modification durable du transit.
Hémorroïde externe femme enceinte : ce qu’il faut retenir
La priorité est de calmer les symptômes et de prévenir la constipation avec des gestes simples, sûrs et réguliers. Toute automédication mérite une validation, surtout pour les produits locaux et les traitements par voie orale.
Les symptômes peuvent aussi persister ou réapparaître après la naissance, notamment après les efforts de l’accouchement. Notre guide sur la crise hémorroïdaire après l’accouchement détaille les précautions utiles durant cette période.

