Embolie pulmonaire : symptômes d’urgence et facteurs de risque

L’embolie pulmonaire correspond à l’obstruction d’une artère du poumon, le plus souvent par un caillot sanguin. Ce caillot vient habituellement d’une thrombose veineuse profonde, aussi appelée phlébite, formée dans une veine profonde de la jambe ou du bassin. Il circule ensuite jusqu’aux poumons.

Cette situation peut mettre la vie en danger, surtout si l’obstruction est étendue ou si le cœur est déjà fragile. Les symptômes ne sont pas toujours spectaculaires : un essoufflement inhabituel ou un malaise mérite une évaluation rapide, en particulier après une immobilisation ou une opération.

Quels symptômes doivent faire appeler les urgences ?

Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas d’essoufflement soudain et inexpliqué, de douleur dans la poitrine, de malaise ou de perte de connaissance. Une douleur peut s’aggraver à l’inspiration profonde et s’accompagner d’un cœur qui bat vite, d’angoisse ou de sueurs.

Une toux, parfois avec du sang dans les crachats, peut aussi survenir. Ces signes ne suffisent pas à confirmer une embolie pulmonaire, car ils peuvent avoir d’autres causes, mais ils justifient une prise en charge urgente.

Urgence : ne conduisez pas vous-même vers les urgences si une embolie pulmonaire est suspectée. Restez au repos, appelez les secours et signalez vos traitements, notamment un anticoagulant, une pilule contraceptive ou un traitement hormonal.

Les signes possibles d’une phlébite

La thrombose veineuse profonde peut provoquer une douleur d’un mollet, un gonflement d’une jambe, une sensation de chaleur ou une rougeur. Une jambe peut aussi devenir lourde sans signe très visible. Ces symptômes demandent un avis médical le jour même, surtout s’ils sont apparus récemment et d’un seul côté.

Une embolie pulmonaire peut toutefois se produire sans signe préalable dans la jambe. L’absence de douleur au mollet ne permet donc pas de l’écarter.

Illustration médicale en 3D des poumons et des artères pulmonaires, montrant une obstruction localisée dans une artère et une circulation sanguine réduite.

Qui présente un risque plus élevé ?

Le risque augmente lorsque le sang circule moins bien dans les veines ou lorsqu’il coagule plus facilement. Une hospitalisation, une chirurgie récente, une fracture, un plâtre ou un alitement prolongé font partie des situations fréquentes. Un long trajet assis augmente aussi le risque, surtout s’il s’ajoute à d’autres facteurs.

  • antécédent personnel ou familial de phlébite ou d’embolie pulmonaire ;
  • cancer actif et certains traitements anticancéreux ;
  • grossesse et six semaines suivant l’accouchement ;
  • contraception estroprogestative ou traitement hormonal substitutif contenant des œstrogènes ;
  • tabac, obésité, âge avancé ou maladie inflammatoire chronique.

Ces facteurs ne signifient pas qu’une embolie surviendra. Ils aident le médecin à estimer le risque et à choisir une prévention adaptée, par exemple après une intervention chirurgicale ou pendant une hospitalisation.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le médecin évalue les symptômes, les constantes vitales et les facteurs de risque. Un dosage sanguin des D-dimères peut aider à exclure une thrombose chez certaines personnes à faible risque, mais un résultat élevé ne confirme pas à lui seul une embolie pulmonaire.

L’examen de référence est souvent l’angioscanner thoracique, qui visualise les artères pulmonaires. Une échographie Doppler des veines des jambes, une scintigraphie pulmonaire ou une échographie cardiaque peuvent compléter le bilan selon la situation, la grossesse ou une contre-indication au produit de contraste.

Quel traitement après une embolie pulmonaire ?

Le traitement repose le plus souvent sur des anticoagulants. Ils empêchent le caillot de grossir et de nouveaux caillots de se former ; le corps dissout progressivement le caillot existant. La durée du traitement varie souvent entre trois et six mois, parfois davantage selon la cause et le risque de récidive.

Les formes graves avec instabilité de la tension artérielle nécessitent une prise en charge hospitalière spécialisée. Une thrombolyse, qui dissout rapidement le caillot, ou un geste par cathéter peut alors être envisagé. Ces traitements exposent à un risque de saignement et ne conviennent pas à toutes les personnes.

Sous anticoagulants, consultez rapidement en cas de saignement important, de selles noires, d’urines rouges, de vomissements sanglants, de chute avec choc à la tête ou de nouveau malaise. Ne stoppez jamais un anticoagulant sans avis médical, même en cas de saignement rectal ou de crise hémorroïdaire : ce symptôme doit être évalué.

Réduire le risque au quotidien

Après une opération ou une hospitalisation, suivez précisément les consignes de mobilisation, de bas de contention et d’anticoagulants préventifs si prescrits. Lors d’un trajet de plus de quatre heures, bougez régulièrement les chevilles, levez-vous quand cela est possible et évitez de rester immobile jambes croisées.

Une bonne hydratation et l’arrêt du tabac soutiennent la prévention générale, sans remplacer un traitement. Avant de débuter une contraception contenant des œstrogènes, signalez tout antécédent personnel ou familial de thrombose à votre médecin ou à votre sage-femme.

Embolie pulmonaire : ce qu’il faut retenir

Un essoufflement brutal, une douleur thoracique, un malaise ou des crachats sanglants imposent d’appeler le 15 ou le 112. L’embolie pulmonaire se traite efficacement lorsqu’elle est reconnue vite, mais elle ne peut pas être diagnostiquée à domicile. Une douleur ou un gonflement récent d’une jambe mérite aussi un avis médical sans délai.